Manger ses émotions


Alimentation, Bien-être / mardi, juillet 3rd, 2018

À la moindre émotion, vous vous ruez dans le garde-manger? Vous mangez sans doute vos émotions. Une attitude difficile à contrôler. Un rituel qui apaise lorsque la situation vous semble ingérable mais qui est aussi source de frustration.


Manger peut très vite devenir un enfer. Surtout lorsque le fait ne résulte pas d’un besoin physique mais d’une mécanique psychologique. Je sais de quoi je parle, j’ai longtemps vécu avec cette pulsion qui me faisait rechercher dans la nourriture ce que je ne trouvais pas inconsciemment ailleurs.

La compulsion alimentaire est un problème qui touche beaucoup de femmes. Si vous avez la chance de ne pas en souffrir faites le tour de vos connaissances, je suis sure que les langues se délieront!

J’ai pris conscience de ce trouble  il y a finalement peu de temps. Jusqu’à présent, je pensais être une femme un peu trop gourmande, une épicurienne, une personne qui ne savait pas dire non. Et puis petit à petit, je me suis rendue compte que manger ne me procurait pas autant de plaisir que cela laisser supposer. Manger était même devenu synonyme de souffrance dans ces moments où l’excès d’absorption de nourriture vous rend malade aussi bien au corps qu’à la tête.

J’ai essayé de résoudre mon problème par des centaines de régimes qui ont tous été des échecs. Et puis j’ai décidé d’être franche avec moi-même et de me poser trois questions sans concession:
Question 1: Pourquoi je n’arrive pas à réguler mon poids?
Réponse: Parce que je n’arrive pas à contrôler mon alimentation

Question 2: Pourquoi je n’arrive pas à réguler mon alimentation?
Réponse: Parce que je n’arrive pas toujours à me contrôler. J’ai parfois des pulsions alimentaires ingérables

Question 3: Prends tu toujours du plaisir lorsque tu manges?
Réponse: Jamais lorsque je suis en crise, mais manger apaise mes angoisses. Je suis triste mais rassurée.

Conclusion: Manger de manière compulsive est devenu un refuge rassurant. Un refuge qu’il va falloir que je quitte sous peine de rester coincée dans un engrenage sans issue.

« Ai-je faim ou envie de manger? »

Mais comment savoir si mes émotions participent réellement à mon excès de poids? Cette question je me l’a suis posée il y a environ 3 ans. J’ai beaucoup lu sur le sujet, glané quelques exercices par ci par là. J’ai, par exemple, tenu un carnet de bord alimentaire dans lequel je notais systématiquement, avant chaque repas, les réponses à la question suivante: « ai-je faim ou envie de manger? ». Le but étant de distinguer la vraie faim de la fausse faim.


La vraie faim est physiologique et s’accompagne de signes physiques qui nous préviennent que notre corps a besoin de carburant. Une vraie faim se reconnaît à un creux, à des tiraillements à l’estomac ou à des gargouillements.

La fausse faim, c’est plutôt une envie de manger qui n’a rien à voir avec un besoin de calories. On peut avoir envie de manger parce que l’aliment est là et qu’il a l’air bon (des biscuits qui sortent du four, par exemple) ou parce qu’un besoin autre que la vraie faim nous pousse vers les aliments. C’est dans ce cas qu’on peut vraiment dire qu’on mange ses émotions.


Puis, j’ai étudié les moments où j’avais des crises d’hippophagie et j’ai tenté d’analyser le pourquoi du comment, et de leur donner des réponses. J’ai pioché dans différentes publications des outils susceptibles de m’aider.

« Un mécanisme de défense »

Je me suis demandée que faire si je constatais que je mangeais mes émotions?
Manger sans avoir faim lorsque nous vivons des émotions est une sorte de mécanisme de défense que nous développons pour ne pas y faire face. Par contre, ce mécanisme n’apporte pas une entière satisfaction. Nous nous sentons coupable, nous prenons du poids et, surtout, nous ne répondons pas à nos vrais besoins.
La meilleure chose que l’on puisse faire lorsqu’une émotion nous habite, c’est de la vivre. Et s’il s’agit d’une situation difficile, mieux vaut essayer d’y trouver des solutions.

Quelques exemples:

  • La solitude: j’aurais envie d’être avec quelqu’un, alors je mange.
    Solution: je me décide à appeler quelqu’un en qui j’ai confiance lorsque je me sens seule.
  • L’ennui: je n’ai rien d’intéressant à faire, alors je passe le temps en mangeant.
    Solution: je pense aux activités que j’aime ou que j’ai déjà aimées et je m’efforce de les réintroduire dans mon horaire.
  • La colère: je suis fâchée et je n’ose pas exprimer ma colère, alors je fais une grosse bouffe pour me calmer.
    La tristesse: j’ai de la peine et je compense en mangeant.
    Solution: je prends le temps d’exprimer la peine ou la colère que je ressens en me confiant à quelqu’un ou en l’écrivant dans un carnet, quitte à déchirer ensuite la page.
  • Le besoin de se faire plaisir: j’ai travaillé fort et je me récompense avec la nourriture.
    Solution: je dresse une liste de mes petits plaisirs (lire, prendre un bain à la chandelle, m’acheter un cadeau, marcher au bord de l’eau, bricoler, aller au cinéma) et je m’efforce de m’en offrir un chaque jour. Il est normal que la nourriture fasse partie des plaisirs de la vie, mais si c’est le seul ou le rare plaisir qu’on s’accorde, pas étonnant qu’on y revienne avec excès.

Inutile de vous dire que ces outils ne sont pas tous faciles à mettre en action. Il faut un sacré sang froid pour les ressortir en cas de crise! Je vous conseille de noter les plus faciles à mettre en place dans un »carnet de secours » que vous dégainerez le moment voulu. Personnellement j’ai transféré mes compulsions alimentaires vers des achats compulsifs.. ce qui explique mes 200 paires de chaussures et un dressing qui explose!

« Une invitation au changement »

Notre façon de nous alimenter peut également nous amener à identifier une difficulté que l’on souhaite régler. Par exemple, un manque d’affirmation de soi, une peur ou un problème de communication.
Comme pour tout autre comportement, il est possible de faire un travail réel sur soi, seul ou avec l’appui de nos proches, s’informer par des lectures ou demander l’aide d’un professionnel qualifié.

« Viser d’abord le bien-être »

Tenter de modifier ses comportements alimentaires qui nous aident à fonctionner malgré des situations difficiles, c’est un peu comme essayer de lâcher ses béquilles lorsque l’on a encore une jambe dans le plâtre. Il est plus profitable de travailler d’abord à notre bien-être et de s’attaquer ensuite aux changements que l’on peut apporter à notre alimentation.

Pour ma part je n’ai pas encore réussi à régler totalement mon problème. Je le crois disparu et il réapparaît sporadiquement. Je le laisse s’exprimer puis je reprends le contrôle. L’important est de savoir le reconnaître et de ne pas lui laisser trop de place dans sa vie.

Le travail est long, sachez-le, mais savoir identifier les causes de ses crises et un bon début!

K.H./..

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